26026 - Barret-de-Lioure Les grottes de Barret-de-Lioure

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Aven et grotte à Barret-de-Lioure

A l’exception de quelques Barretiers, peu de personnes savent que le territoire de la commune recèle un aven et une grotte. Pour comprendre l’origine des avens, il est nécessaire de donner une explication simple (sinon simpliste) du phénomène.

Les formations karstiques

On appelle ainsi le phénomène d’érosion typique des plateaux calcaires (Karst) de Slovénie et d’Istrie, en Yougoslavie. Il se traduit par la formation de lapiaz sur les dalles de calcaire dur. L’eau, chargée principalement de gaz carbonique, attaque la roche et dissout le calcaire. Elle creuse de profondes rigoles, des alvéoles, des cavités de toutes sortes, profitant des moindres interstices.

Les phénomènes karstiques sont les manifestations des creusements par l’action de l’eau ou des accidents tectoniques dans les roches calcaires.
Le gaz carbonique provient, non seulement de la surface du sol où il est présent dans l’air, mais - en profondeur - de la décomposition des substances organiques par des micro-organismes et aussi la respiration des racines.
Les eaux d’infiltration travaillent en profondeur, élargissent les fissures, creusent des entonnoirs, souvent invisibles en surface sous la terre arable. Soudain un effondrement les révèle...
Des avens prennent naissance, un réseau hydrographique souterrain s’organise, où l’eau s’écoulera en suivant la pente des couches géologiques.
Au-dessous de cette zone « perméable », existe une zone dans laquelle l’eau circule plus lentement. Elle s’y accumule avant d’atteindre une troisième zone profonde, toujours remplie d’eau : la zone noyée. Le niveau supérieur de cette zone est le niveau de l’émergence de la source en terrain calcaire.

L’aven du Riou

Cet aven s’ouvre dans la falaise de la rive droite du Riou, vers 950 m d’altitude, dans l’étage Kimméridgien inférieur.

L’entrée est assez grande (2,50 m x 2 m de haut).
Une galerie en pente descendante de 20 à 25° permet de circuler avec plus ou moins de facilité. Certains passages sont assez étroits. Quelques stalactites sont observées. La galerie abrite une colonie de chauves-souris et le sol est recouvert d’une argile collante, humide, bien qu’aucune venue d’eau ne puisse être déterminée. Après un parcours en pente de 40-50 m, la galerie débouche sur un puits vertical qui doit plonger dans l’étage Argovien.

Selon des renseignements oraux, une « exploration » par des jeunes gens du pays eut lieu dans les années 1960. Une jeune fille de corpulence mince fut descendue dans le puits par ses amis. Elle signala à un moment donné que le puits s’arrêtait. En réalité elle nous a déclaré qu’elle avait dit cela dans un moment de panique, mais qu’en réalité le puits était plus profond.

En mai 2006, deux spéléologues du club de Nyons ont procédé à une reconnaissance rapide de l’aven et ont confirmé les affirmations précédentes. Le puits aurait une douzaine de mètres de profondeur jusqu’à un rétrécissement qui nécessite des travaux pour poursuivre la descente.
Au-dessus du puits, une cheminée remonte vers la surface.

La grotte du Buc ou l’Argentière

En août 2006, six Barretiers, sous la conduite d’Yves FAVIER ont entrepris la recherche de la grotte appelée « l’Argentière » ou la grotte des faux-monnayeurs.

Leur prospection ne fut pas veine.

Cette grotte est située au pied de la falaise sous la Montagne du Buc, vers 1400m d’altitude. L’ouverture est partiellement obstruée par un effondrement de la voûte d’entrée, mais son accès est possible.
Une galerie de 7 m de long et de 1,20 m de haut débouche à mi-hauteur d’une salle arrondie de 8 m de diamètre environ, et de 5 m de haut. La salle est encombrée de blocs calcaires qui se sont détachés de la voûte. Quelques petites cheminées sont observées.
Son nom « L’Argentière » proviendrait du XIXème siècle. Selon Y. FAVIER, des faussaires battaient monnaie et stockaient leur « trésor » dans la grotte. Ils furent repérés à Sault, sur le marché, où ils écoulaient la fausse monnaie. Ils furent suivis discrètement par les gendarmes jusqu’à leur repère, d’où l’appellation de l’Argentière.
Il est probable, au vu de la configuration des lieux, que les faussaires gagnaient la crête du Buc, puis descendaient vers la grotte, qui se trouve environ 25 mètres sous la crête et d’un accès assez facile pour des personnes sportives.